Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 13:55

Croissant tu grandis

Petit à petit

Dans une course vaine

Bientôt ronde et pleine

 

A ton jour de gloire

Alors tu peux croire

Et accepter sans fard

L'hommage des regards

 

De tes doux feux,

Sans brûler les yeux,

Tu illumines la nuit

De ta lueur arrondie

 

Tu joues à cache-cache

Mystérieuse tache

Apparaissant au hasard

Entre deux nuages blafards

 

Des ombres à ta surface

Ajoutent à ta grâce,

Te parent de mystère

Toi, soeur de la terre

 

Chaque nuit, toujours fidèle

Tu veilles dans le ciel

Sur nos rêves humains 

D'un nouveau lendemain

 

Mais un jour tu devras

T'effiler pas à pas

Et ne sera plus reine

Mais l'ombre de toi même

 

Le soleil t'ecclipsera

Du ciel, il sera roi

Mais dans nos coeurs tu resteras

L'astre le plus délicat

 

AD

 

Par AD - Publié dans : poésie
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 19:51

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Sur fond de pauvreté extrème, le livre évoque la misère morale et psychologique ainsi que la violence qui va souvent de paire.

 

Le livre raconte quelques heures de la journée d'un étudiant de Port-au-Prince, Lucien St Hilaire qui part prendre part à une manifestation dans le cadre des cérémonies marquant le bicentenaire de l'indépendance d'Haïti en 2004.

Ce qui aurait du être une fête devient un bain de sang.

 

Lucien croise sur son chemin quelques personnages annexes; chacun cherche dans ce cadre de vie très difficile où le danger est omniprésent (vol, viol, meurtre, racket...) quelque chose à quoi se raccrocher: un amant pour une bourgeoise, la religion pour la femme de l'épicier; pour Lucien, c'est l'amour de sa mère, la mer (il a toujours rêvé de la mer, y jetant tout ce qu'il a trouvé de beau dans la vie) , le silence (il rêve d'écrire un roman sur le silence) et l'Etrangère (journaliste européenne croisée de manière très brève sur laquelle il fantasme).

 

Ce sera l'occasion d'aborder le sujet du regard de la presse étrangère sur le pays, de l'alcool et de la drogue qui gangrènent la société grâce à des situation que l'on vit du dedans avec Lucien.

 

Quelques morceaux choisis:

 

 

"le passé finissait toujours par devenir plus beau que le présent. Le passé trouve toujours à tirer sa revanche. Personne sur cette terre ne peut avoir la force de subir deux défaites en même temps...Comment se résigner à l'idée que du début à la fin tout, tout le temps, fut au pire! Et qui pourrait reprocher à un vieux type en fin de parcours de s'accrocher par petites doses à des bonheurs-rétrospective! Fou qui viendrait lui reprocher de mettre du rose à sa mémoire, de garder l'abondance en oubliant la pénurie, de choisir qu'hier il était plus heureux. Car, aujourd'hui, ça va pas mieux. Et le malheur, tout de même, faut pas en faire une permanence!"

 

"Des camarades durs d'oreille sans le savoir, dyslexiques sans le savoir, parce que les déficiences et les malformations c'est le boulot des spécialistes. Et que veux-tu qu'un spécialiste aille foutre dans ton trou de paria, à détecter des maladies dont personne ne connait le nom et dont de toute manière personne ne guérira parce que la souffrance coûte moins cher que la guérison."

 

"La rareté du bonheur s'étend dans toute la salle, malgré l'effort de la musique, la rareté du bonheur s'étend dans toute la pièce. Elle recouvre les livres, les disques, les visages. L'impasse et la quête. Partout....Et toi aussi, Lucien, qui ne sais que dire, qui a envie d'être ailleurs, qui n'aimes que la mer, Ernestine et l'Etrangère. Toi, comme eux tous, dans la quête et l'impasse. Occupé à remplir le vide. A faire avec tout et rien. Toi qui voudrait en rire, faute de mieux."


 

La foule des étudiants est rassemblée pour commencée la manifestation; ils savent qu'il y a de grands risques d'émeutes et de représailles:

 

L'étudiant n'écoute pas vraiment. Derrière les voix, il entend surtout la peur. Ses camarades non plus n'écoutent pas. Ils savent qu'ils ont raison. Que la fatalité est un luxe qu'ils ne peuvent plus se payer. Que leur humanité passe par cette prise de risque. Ils savent qu'il n'y a pas moyen de savoir ce qu'il y a au bout de la marche, mais qu'il leur faudra désormais marcher. Ensemble, de préférence.

 

Il a l'impression d'inspirer tout l'air de la ville pollué de gasoil, d'urine, des plaies béantes des mendiants, des cadavres d'hommes et d'animaux abandonnés par les chauffards ou les truands qui les ont exécutés comme indice d'une destinée commune à chaque passant, des repères pour rappeler à l'ordre du tourment toute personne qui sortirait dans la rue avec des idées positives en tête, tout fou qui s'attendrait à une nouvelle rencontre annonçant quelque chose de beau: une histoire d'amour ou un rire d'enfant.

 


 

 

Par AD - Publié dans : lecture - Communauté : les fous de lecture
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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 19:39

380468-potager-malfaiteurs-ayant-echappe-pendaison Le titre laisse deviner l'absurde et le loufoque dont le roman est empreint.

Un excellent cru de l'auteur finnois qui excelle dans la dérision, l'ironie avec des situations cocasses qui s'enchaînent au travers de l'histoire d'un groupe de justiciers auto proclamés qui envoient toute personne au comportement jugé inopportun non pas faire le potager mais travailler au fond d'une mine; cette "punition" touche aussi bien des petits voyous que des chefs d'entreprise jugés trop égoïstes, piégés alors qu'ils pensaient se rendre à un forum international à Montevideo. Tout le monde doit réfléchir à devenir "meilleur" au fond de la mine...

L'histoire se déroule en Laponie dans une exploitation agricole spécialisée dans la culture biologique d'herbes aromatiques et de champignons.

Les disparitions successives de personnes piégées au fond de la mine finissent par causer quelques rumeurs et par alerter les autorités qui envoient un enquêteur; celui-ci n'aura pas le comportement attendu par sa hiérarchie...

Quel plaisir de partager le quotidien de cette brochette de personnages plus inattendus les uns que les autres, au comportement extravagant, raconté comme s'il était on ne peut plus normal et naturel; c'est ce décalage qui fait tout le charme et le côté comique du récit.

 

 

 

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 20:31

Véronique Ovaldé nous emmène à nouveau dans une ville sans nom, dans un pays sans nom, dont on imagine que ce pourrait être en Amérique Latine ou du Sud.

 

C'est un livre sur l'ennui, celui de Vida Izzara qui ne sait que faire de ses journées dans sa villa de luxe abritée derrière des barbelés, sur la colline chic de Villanueva.

Sa fille Paloma, 20 ans, essaie d'échapper au même ennui, à l' existence identique qui s'annonce pour elle.

Elles vont rencontrer l'une un policier solitaire qui habite dans un mobil-home, l'autre un jeune squatter paumé mais charmant (un beau garçon populaire), Adolfo.

Vida et Adolfo ont un point commun, celui de venir d'un village, Irigoy, dont il est difficile d'imaginer endroit plus sordide.

 

La  question  de savoir si on peut échapper à son "destin" est posée, comme dans "Ce que je sais de Vera Candida" .

Le thème de la maternité et des rapports mère-fille se retrouve également.

Le récit est envisagé d'abord du point de vue de la mère Vida puis de la fille Paloma.

 

On pourrait  s'ennuyer avec elles mais on est happé, comme hypnotisé par le récit d'une grande musicalité; beaucoup de rythme dans l'écriture, notamment donné par des phrases parfois à rallonge qui sont comme des vagues qui affluent et refluent, que l'on lit en apnée, ne reprenant son souffle qu'à la fin de la phrase; il y a par exemple une scène d'amour étonnante qui ne fait qu'une phrase, mais trois pages!

J'ai spécialement aimé aussi un terrible récit de chasse au bison hivernale; c'est brut, si bien décrit que c'est comme si on y était.

 

Quand la pauvreté affective rencontre la pauvreté effective, tout est possible.

 

Un bon moment de lecture!

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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 21:55

 

 

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Antoine, au seuil de la quarantaine, a tout raté: ses études, sa vie sentimentale.

 

Il s'est fait embaucher dans l'usine de son père et lit dans leurs yeux la déception de ses parents qui espéraient "mieux" pour lui. 

 

Il fait comme la plupart autour de lui en allant travailler à la chaîne ("je croyais qu'il suffisait de suivre une trace")

car inconsciemment il ne veut pas trahir son milieu d'origine; mais il se sent "imposteur", appeler à autre chose depuis toujours.

"je n'ai pas les mains qui vont avec les choses. 

J'ai eu beau toute ma vie essayer. Rien à faire. Il y a quelque chose qui "ne colle pas" entre moi et le monde, moi et ce que je vis. Et je ne sais pas ce que c'est.

Je suis à côté. Toujours à côté."

 

Il souffre d'un complexe d'ouvrier peu lettré et a les mots "bloqués" en lui, ne sait pas les sortir surtout quand il s'agit d'exprimer des choses vraiment importantes pour lui, comme son amour pour Karima, l'intello.  ("un poème d'abruti. Le seul poème qui montait du fond de moi quand je caressais chaque partie de son corps. Je la détaillais, je la nommais dans ma tête fragment par fragment et c'est ma main qui les reliait tous. Je me sentais fort. Les mots étaient là, sans bruit, partout à l'intérieur de moi et  mes mains continuaient à la caresser. C'était çà, mes paroles, mais on ne peut pas offrir ça à une femme qui lit Flaubert. Elle aurait ri.")

 

Amener dans le cadre du syndicalisme à lutter contre la fermeture de l'usine, les mots commencent à sortir;

grâce à une rencontre décisive et à des lectures ("la rédemption vient des livres; de ces livres à moi quelque chose se communique"), il va remettre sa vie en cause et partir chercher un endroit où il pourra être "semblable et singulier à la fois" et apprendre à exprimer autre chose qu'un "poème d'abruti"....

 

Et le lecteur a très envie que ce personnage attachant y arrive...

 

Le parallèle fait entre la situation d'Antoine, prisonnier de lui-même et de sa situation sociale et les "mots" grâce auxquels il va s'ouvrir pour finir par en jouer est un des charmes du livre.  Un bon moment de lecture.

 

 

Par AD - Publié dans : lecture - Communauté : les fous de lecture
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